Pour mieux connaitre Danny Miensky, rendez-vous au Bar aux Lettres

(l’entretien ci-dessous est reproduit dans son intégralité. Source: https://barauxlettres.wordpress.com/2017/09/26/entretien-avec-un-auteur-01-danny-mienski/)

Je reviens avec un rendez-vous inédit ! Le titre est assez équivoque, je pense. J’avais fait allusion ici à une surprise que je vous concoctais, la voici !

9782359629378On en est arrivé là car Danny Mienski m’avait très gentiment contacté sur la page FB du Bar aux Lettres en me demandant si j’accepterais de lire et de commenter son recueil de nouvelle tout récemment sorti. C’était la première fois qu’un auteur venait vers moi de la sorte – bien que je sois bêta-lectrice pour quelques amis qui ont pour projet d’être publiés – vous n’imaginez pas comme cela m’a fait plaisir ! Et comment mes chevilles ont gonflé ! Je me suis bien évidemment prêtée au jeu, j’ai lu, mais après, cette expérience s’arrête là, c’est trop dommage. J’ai donc proposé un entretien à l’auteur.

Ainsi, grâce à la proposition de Danny Mienski, j’ouvre ce tout premier numéro d’Entretien avec un Auteur. De fait, si vous écrivez et que vous voulez, à votre tour, faire cette expérience, écrivez-moi sur le FB du Bar aux Lettres.

Et enfin, un grand merci, sincère, je suis réellement touchée par la confiance que Danny Mienski a mis en moi. Merci encore pour cette collaboration.

Danny Mienski, Les Temps maudits, collection « Atlantéïs », Editions Exaequo, 2017, 144 pages.

4e de couverture.

Dans différents lieux et à différentes époques, sur un navire négrier au large du Sénégal, dans une maison de plaisir à l’époque Edo, sur les quais de Nantes au siècle dernier, jusqu’à aujourd’hui dans les montagnes afghanes, un homme et une femme sont inexplicablement attirés l’un par l’autre. S’ils arrivent à se retrouver, ils sont à chaque fois séparés par des événements violents où les caprices de l’Histoire se mêlent au fantastique et à l’horreur. Pourquoi ces deux amants ont-ils l’impression de se connaître déjà, dès le premier regard ? Pourquoi le destin semble-t-il s’acharner sur eux ? Arriveront-ils à se retrouver malgré les démons – réels ou imaginaires – qui les poursuivent ?

Danny Mienski a 40 ans et habite Nantes. Après des études en Lettres modernes, il a travaillé pour divers organismes de formation comme formateur et conseiller en insertion professionnelle.

Président de l’association Le Cercle des écritures de Nantes, il anime des ateliers d’écriture en Pays de la Loire. Une douzaine de ses nouvelles, lauréates de concours, ont été publiées chez divers éditeurs. Les Temps Maudits est son premier recueil.

Les illustrations de couverture et des pages intérieures ont été réalisées dans le cadre d’un projet pédagogique avec les élèves de l’atelier Mangabulle du Lycée La Herdrie à Basse-Goulaine.

Bonjour Danny Mienski, vous avez récemment sorti votre premier recueil de nouvelles d’aventures fantastique Les temps maudits chez les éditions Exaequo.

Que pensez-vous de cette appellation « nouvelle d’aventure fantastique »?

C’est une bonne appellation. Vraiment. Du fantastique et de l’aventure, je ne prétends à rien d’autre 🙂

Le titre est-il inspiré de London, Martinet, ou encore Pierre Laurent. Y a-t-il un lien avec ces œuvres éponymes ?

J’ai découvert ces autres « Temps maudits » après la publication de mon livre. C’est tout de même étonnant, tous ces auteurs qui me copient !

Plus sérieusement, j’aime beaucoup Jacques London, et ça me fait plaisir de savoir que nous avons quelque chose en commun.

Comment est venue la collaboration avec l’atelier Mangabulle du Lycée La Herdrie à Basse-Goulaine qui a réalisé les illustrations ?

En plus de l’écriture, d’un travail et d’une vie de famille, j’anime des ateliers d’écriture. C’est dans le cadre d’un atelier « super-héros » réalisé au Lycée La Herdrie avec de jeunes gens talentueux (ils ont remporté plusieurs fois le concours de SF organisé par les Utopiales), que j’ai appris l’existence d’un atelier dessin, le fameux « Mangabulle ». J’ai noté l’information dans un coin de ma tête, et quand l’occasion s’est présentée, en l’occurrence l’édition des « Temps maudits », j’en ai touché deux mots à Anne Villard, la CPE, et Sylvaine Aveline, la documentaliste. Elles ont été enchantées par l’idée. Les élèves ont adoré participer à un projet « concret » qui aboutissait à la publication de quatre d’entre eux : pour la couverture et les trois illustrations intérieures.

Quel public souhaitiez vous toucher en écrivant ?

Adulte et jeune adulte. De 15 ans à 115  ans. Pas avant, car il y a des « scènes réservées à un public averti », si je puis m’exprimer ainsi. Récemment, j’ai appris que mon livre a été emprunté en bibliothèque par une femme qui, d’habitude, ne lisait ni nouvelles, ni histoires fantastiques. La bibliothécaire m’a expliqué qu’elle avait aimé et qu’elle l’avait prêté ensuite à sa fille, puis à son mari ! Ça m’a vraiment touché.

Pour vous l’écriture est une passion de longue date ou un déclic ? Racontez.

L’écriture, c’est mon dada. J’ai commencé à écrire des nouvelles durant mon adolescence, je ne me souviens pas de mon premier texte mais je sais qu’il y avait beaucoup de science-fiction dans la lignée d’Alien et du livre d’A.E. Van Vogt, « Les Faunes de l’espace », un livre composé de plusieurs récits liées entre eux… Tiens, comme « Les Temps maudits » ! Je me suis arrêté pendant plusieurs années pour étudier, rencontrer des filles, travailler, rencontrer des filles… J’ai bien failli ne jamais revenir à l’écriture. Pourtant l’envie était toujours là. Des idées tournaient dans ma tête, je prenais des notes…

J’ai renoué avec l’écriture à l’occasion d’une période de chômage. J’ai envoyé des textes à des concours de nouvelles. Au début, ça ne marchait pas. J’ai continué à travailler mon style, à améliorer mes histoires… Puis il y a eu comme un « déclic », pour reprendre votre terme. Une première nouvelle a été publiée, puis une deuxième, une troisième, etc.

Combien de temps pour écrire ce recueil ? Quel est votre rythme de travail : plutôt régulier ou soumis aux affres de l’inspiration ?

Pour moi, l’écriture est un deuxième travail. Vraiment. C’est comme quelqu’un qui veut apprendre à dessiner. Il peut toujours attendre que l’inspiration lui tombe du ciel, mais s’il se met à barbouiller sur du papier, ça finit par ressembler à quelque chose. La seconde condition, c’est de trouver du temps pour écrire. Au début, j’ai essayé d’être régulier… Je n’y arrive pas, j’ai une vie trop dissolue 🙂 Alors je « vole » du temps à chaque fois que c’est possible.

Avez vous besoin d’un environnement particulier pour écrire ? Un lieu qui vous aiderait à atteindre le bon état d’esprit, par exemple ?

Bonne question. Je suis à la recherche de ce type de lieu. J’ai essayé le « coworking », écrire dans des cafés ou des salons de thé avec un collectif d’écrivains, ça m’a beaucoup plu. Je dois expérimenter bientôt une résidence d’auteur. Sinon, j’écris le plus souvent dans mon bureau, encombré de livres et de papiers divers, ou dans un train, ou dans un tram, ou sur la pause du midi, ou en visite dans un zoo. Comme je vous disais, j’essaie de voler du temps là où je peux !

Quelles sont vos influences, vos inspirations ?

Mettez trois rondelles de Philip K. Dick, 20 cl de Lovecraft et un zeste de Brussolo, saupoudrez d’Anne Rice et de Simenon, mélangez le tout dans un shaker et vous obtiendrez un écrivain tout chaud !

Particulièrement, quelles rencontres physiques ou imaginaires vous ont amené à la création des personnages de Carmen, de Joseph et de Cuballo ?

Ah ! Carmen et Joseph, la trapéziste et le légionnaire ! Ce jeune couple d’amoureux m’a été inspiré par un livre de Jack London (on y revient toujours !), « Pour cent dollars de plus ». J’ai été très touché par leur simplicité et la force de leurs émotions. J’ai voulu les faire revivre, dans des rôles différents, pour rendre aux lecteurs ce que London m’avait prêté.

Quant à celui que vous appelez « Cuballo », qui n’est qu’un des noms du sorcier noir, il n’a pas d’origine aussi précise, il vient de mes « tripes », de ma chair, de l’héritage de mes ancêtres noirs, car nous descendons tous de l’Afrique, n’est-ce pas ?

De quoi êtes-vous parti pour ce recueil ? Le fil rouge étant une histoire d’amour qui traverse les continents et les âges. Était-ce votre volonté dès le départ d’axer le recueil sur le thème de l’amour ?

Ce fil rouge, c’est une idée qui me « traverse » depuis des années. La première fois que j’y ai pensé, j’avais 18 ou 20 ans, je ne sais plus trop, mais vous voyez que ça date ! J’avais l’idée, la forme si vous préférez, mais je ne parvenais pas à la coucher sur papier, à la transformer en histoire avec des personnages vivants et agissants, je n’avais pas les « outils » pour ça. J’étais comme un touriste dans un château écossais. Le prospectus indiquait « château hanté ». Super. J’ai visité toutes les pièces, j’ai même loué une chambre pour la nuit, mais pas le moindre bruit de chaînes dans les environs. Et puis un jour, une fantôme est apparue et j’en suis tombé amoureux. C’est aussi ça, l’écriture.

Les nouvelles se répondent entre elles, était ce prémédité ou est-ce survenu au hasard de l’écriture des diverses histoires ?

Oui et non. Oui, c’était prémédité dans le sens où l’idée de base, celle du « fil rouge », je l’avais depuis longtemps en tête. Non, car je ne savais pas encore quelles histoires j’allais relier entre elles. Puis je me suis aperçu que j’avais écrit de nombreuses nouvelles, qui se déroulaient à des époques différentes mais qui racontaient toujours la même histoire, celle de deux amants séparés et qui se cherchent… C’est comme un thème récurrent chez moi. J’ai sélectionné trois histoires qui représentent les « trois chemins » cités dans « Le chemin rouge ».

L’ordre des trois nouvelles aussi a un sens. Dans le premier récit, « Les Lions bleus », on suit les aventures du jeune Théo, embarqué sur un navire négrier. Il rapporte les événements de l’extérieur, à distance de la véritable histoire, celle du sorcier noir qui va tout faire pour retrouver sa femme. Dans la deuxième nouvelle, « Drapeau blanc », on suit les aventures de Carmen et de Joseph, on est au cœur de l’histoire mais on n’entre pas dans leurs pensées. Le pas est franchi dans la dernière partie, « Le chemin rouge », où l’on rentre dans l’intimité des personnages, où l’on découvre leurs secrets. J’ai essayé de construire ce livre comme une longue-vue. On observe des événements à distance, puis l’on se rapproche de plus en plus des personnages, jusqu’au gros plan final. Le livre aurait pu s’appeler : « Le gros zoom » de Danny Mienski 🙂

Vos nouvelles sont très documentées, avec un contexte historique très précis et des termes techniques. Érudition ou recherches approfondies ?

J’ai quelques connaissances, mais très insuffisantes, alors je me documente, je cherche les informations dont j’ai besoin, puis je me fais relire par des passionnés d’histoire. Pour « Drapeau blanc », par exemple, je me suis appuyé sur de vieilles cartes postales représentant le pont transbordeur qui enjambait la Loire, au siècle dernier. Il y a bien une fois ou deux où je me suis écarté de l’Histoire (avec un grand H), mais c’était pour les besoins de l’histoire (avec un petit h). Evidemment, je ne vous dirai pas où. Je préfère passer pour un érudit 🙂

Pourquoi un tel soin au cadre ? Et plus particulièrement au décor français ?

La plupart des récits se déroulent en France parce que nous sommes un vieux pays, où le poids de l’Histoire est toujours présent. On part ou on revient à Nantes parce que c’est là où j’habite, tout simplement, et que je tenais à rappeler le passé négrier de cette ville. Pas pour demander réparation, non, mais simplement pour ne pas oublier avec quel argent ont été construits les beaux immeubles de l’île Feydeau. Je repense notamment à cette maxime de Balzac : « Derrière chaque fortune, il y a un crime ». Ce n’est pas pour rien qu’en 2012, Nantes a fait construire le Mémorial de l’esclavage au niveau des anciens pontons… Des lecteurs ont parfois été choqués par la dimension « horrifique » des deux premiers récits, avec la présence de démons, de morts-vivants… Ça leur faisait peur. Mais la réalité est parfois pire que la fiction.

Le livre a donc une grande part de fantastique, avez-vous grandi dans un milieu ésotérique ? Quel est votre rapport a l’ésotérisme ?

Le propriétaire de mon âme m’a demandé de ne pas répondre à cette question.

Vous donnez une grande puissance aux objets, vous-même possédez-vous un « gri-gri »?

Je possède un « petit gris », un extra-terrestre que j’ai fait séché au soleil avant de l’empailler. En ce moment-même, il me sert de lampe de chevet.

Enfin, le livre est-il un objet sacré pour vous ? Êtes-vous un grand lecteur ?

Un objet « sacré », c’est vite dit, je ne pense pas que tous les livres soient des Bible ou des Coran. Il y a des livres que j’ai eu envie de jeter après lecture. Il y a en même certains que j’ai véritablement jetés, mais c’étaient des programmes TV de la semaine passée, alors je ne sais pas trop si ça compte.

Sinon oui, je lis. Beaucoup, je ne sais pas, mais j’ai toujours l’impression de ne jamais lire assez. Il y a tellement de livres que j’aimerais lire, dans tous les genres littéraires !

Plus encore, quelle est prochaine étape ? Avez vous un autre projet d’écriture ou artistique en cours ? Développez.

Je travaille sur un projet de roman « steampunk » mais chut… En parallèle, je travaille aussi sur une nouvelle pour la prochaine anthologie des Romanciers nantais, une association dont je suis devenu membre. Pour faire court, c’est l’histoire d’un couple durant les guerres de Vendée. Ce récit s’inscrit dans la trame des « Temps maudits ».

Merci encore de vous être investi dans cette expérience. J’ai vraiment pris plaisir à lire le livre et travailler sur l’interview, et, d’ailleurs, je suis assez fière du résultat ! Si cela vous a plu et que vous voulez tenter l’expérience, n’hésitez pas !

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  1. #1 par Angelilie le 11 octobre 2017 - 17 h 54 min

    beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon blog. au plaisir

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